À la fin du XIXᵉ siècle, la stéréoscopie connaît un essor considérable. Dans ce contexte, Jules Richard (1848–1930), industriel et constructeur parisien d’instruments scientifiques et photographiques, développe une gamme d’appareils destinés à la visualisation d’images en relief. Parmi eux figure le Taxiphote, présenté au tournant du XXᵉ siècle.
Conçu et fabriqué à Paris, le Taxiphote est une visionneuse stéréoscopique mécanique permettant l’observation de plaques photographiques doubles. Son mécanisme à tiroir ou à glissière assure un défilement précis des vues, tandis que le système optique restitue la profondeur par la fusion binoculaire de deux images légèrement décalées. Les modèles sont protégés par des brevets français portant la mention « Brevet S.G.D.G. », courante à l’époque.
Le Taxiphote trouve rapidement sa place dans les salons bourgeois, les établissements d’enseignement, les musées et les sociétés scientifiques. Il sert aussi bien à la diffusion du savoir géographique et scientifique qu’au divertissement visuel. Par sa robustesse, sa précision mécanique et sa qualité optique, il s’impose comme l’un des appareils de référence de la stéréoscopie française du début du XXᵉ siècle.
Aujourd’hui, le Taxiphote demeure un témoignage emblématique de l’ingénierie optique et photographique française, à la croisée de la science, de la pédagogie et de la culture visuelle.
La collection de mon père, se présente sous forme de plaques de verres stéréoscopiques (à gauche), et à droite de celle-ci une reconstitution (via l'Intelligence artificielle), de ce que pouvait être le paysage regardé à l'époque.